Table des matières
- Pourquoi tous les gins n'ont pas le même goût
- Comprendre les principaux styles avant de choisir
- Comment lire une étiquette sans se perdre
- Accords cocktails : quel gin pour quel verre
- Le choix par usage : mixologie maison, dégustation pure, cadeau
- Bien choisir un gin : la méthode en 6 étapes
- Une histoire en deux dates
Pour bien choisir un gin, pars de l'usage que tu en feras, puis lis le style sur l'étiquette. Un London dry gin est sec, marqué par le genièvre et les agrumes : c'est la base la plus polyvalente pour un gin tonic, un Martini ou un Negroni. Un Old Tom est plus rond et légèrement sucré. Un genièvre (genever) a un goût de céréale et se boit souvent pur. Un gin contemporain met en avant d'autres plantes que le genièvre : agrumes, fleurs, thé, épices.
Ces mentions ne sont pas du marketing : dans l'Union européenne, elles sont définies par le règlement (UE) 2019/787 sur les boissons spiritueuses. Les savoir lire t'évite la plupart des mauvais achats.
Pourquoi tous les gins n'ont pas le même goût
Le rôle du genièvre, puis tout ce qui s'invite autour
Le genièvre est obligatoire : le règlement européen définit le gin comme une boisson spiritueuse aromatisée aux baies de genévrier, à partir d'alcool éthylique d'origine agricole, avec un goût où le genièvre domine. Autour, chaque distillerie compose sa recette de « botaniques » : coriandre, racine d'angélique, iris, zestes d'orange ou de citron, cardamome, poivre, réglisse, lavande, thé. Deux gins peuvent donc avoir un profil très différent, du pin résineux au citron confit.
Alcool neutre et technique de distillation
Le point de départ est un alcool neutre. Les arômes viennent ensuite de deux grandes techniques :
- la macération : les plantes trempent dans l'alcool, puis l'ensemble est redistillé dans un alambic ;
- l'infusion à la vapeur : les vapeurs d'alcool traversent un panier de plantes placé au-dessus du liquide, ce qui donne en général un profil plus léger. Bombay Sapphire, distillé à Laverstoke Mill dans le Hampshire, en Angleterre, utilise cette méthode avec des paniers en cuivre.
Un gin peut aussi être obtenu par simple ajout d'arômes à l'alcool, sans redistillation : il a droit au nom « gin », mais pas à « distilled gin » ni à « London gin ». Pour comparer avec un autre spiritueux distillé puis vieilli, lis notre article sur le processus de fabrication du whisky.
Comprendre les principaux styles avant de choisir
Gin, distilled gin, London gin : ce que dit la loi
Le règlement (UE) 2019/787 distingue trois catégories, de la moins à la plus encadrée.
| Mention | Ce que le règlement exige | Ce que ça donne |
|---|---|---|
| Gin | Alcool agricole aromatisé au genièvre (le genièvre doit dominer), 37,5 % vol. minimum | Arômes ajoutés possibles, sans redistillation |
| Distilled gin | Redistillation de l'alcool avec des plantes ; arômes ajoutés possibles ensuite | Profil plus travaillé ; mention « dry » autorisée si le sucre ajouté ne dépasse pas 0,1 g par litre |
| London gin | Distilled gin uniquement à partir de plantes naturelles, distillat d'au moins 70 % vol., aucun colorant, au plus 0,1 g de sucre ajouté par litre | Le style le plus sec et le plus net |
« London » désigne donc une méthode, pas une adresse : un London dry gin peut venir de France, d'Espagne ou du Japon. Aux États-Unis, la réglementation fédérale (27 CFR partie 5) exige elle aussi que le genièvre donne au gin son caractère principal.
Old Tom gin
Un style ancien, antérieur au London dry, en général légèrement sucré. Il donne des cocktails plus ronds et convient bien aux recettes acidulées comme le gin fizz.
Genièvre (genever, jenever)
L'ancêtre du gin, à base de distillat de céréales maltées (le « moutwijn »), au goût de pain grillé. C'est une indication géographique protégée par l'Union européenne pour la Belgique, les Pays-Bas, les départements du Nord et du Pas-de-Calais et certaines régions d'Allemagne. Il se boit souvent pur, bien frais.
Navy strength
Un gin à environ 57 % vol. Le chiffre vient d'une tradition de la marine britannique : un alcool assez fort ne devait pas empêcher la poudre à canon de s'enflammer s'il était renversé dessus. Ce n'est pas une catégorie légale. Puissant, il se dose avec précaution et demande une tonic qui a du caractère.
Gins contemporains
D'autres plantes que le genièvre passent au premier plan : yuzu, poivre, thé, plantes du littoral. Le Drumshanbo Gunpowder Irish Gin, distillé dans le comté de Leitrim en Irlande, tire par exemple son nom du thé vert « gunpowder » de sa recette. Ces gins sont plus originaux, mais moins polyvalents en cocktail.
Comment lire une étiquette sans se perdre
Mentions qui comptent
- La catégorie : gin, distilled gin ou London gin. C'est l'information la plus utile.
- Le degré : 37,5 % vol. au minimum ; beaucoup de gins se situent entre 40 et 47 % vol., les navy strength autour de 57 %.
- L'origine et la distillerie : nom, pays, parfois la région.
- Les plantes annoncées : genièvre, agrumes, poivre, fleurs. Elles te donnent le profil avant d'ouvrir.
- Les mentions bio ou « small batch » : la première est une certification contrôlée, la seconde n'a pas de définition réglementaire.
Pièges fréquents
- Un gin coloré n'est pas forcément mauvais : la couleur vient souvent d'une infusion après distillation. Mais un London gin ne peut pas être coloré.
- Un gin très parfumé par des arômes ajoutés peut masquer un alcool de base ordinaire. Préfère la mention « distilled gin » si tu veux éviter ça.
- « Gin » aromatisé à la fraise ou à la violette, très sucré : vérifie la mention. Beaucoup de ces bouteilles sont vendues comme liqueur ou comme boisson spiritueuse, pas comme gin.
Accords cocktails : quel gin pour quel verre
L'International Bartenders Association (IBA) publie une liste officielle de cocktails avec leurs proportions de référence. Plusieurs classiques au gin y figurent, dont le Dry Martini, le Negroni et le Gin Fizz.
Martini (dry)
Recherche de pureté : un London dry bien sec, un zeste de citron ou une olive. Le cocktail se prépare très froid, avec une dilution contrôlée.
Negroni
Gin, vermouth rouge et bitter à parts égales. Il faut un gin au genièvre franc pour tenir face à l'amertume : un London dry fait l'affaire.
Gin fizz
Gin, citron, sucre et eau gazeuse. Un Old Tom donne un résultat plus rond, un London dry un résultat plus vif.
Gin tonic
Un mélange simple seulement en apparence. La tonic apporte du sucre, des bulles et l'amertume de la quinine, longtemps utilisée contre le paludisme. Prends de gros glaçons et une garniture qui suit le profil du gin : citron pour un London dry, pamplemousse ou romarin pour un gin aux agrumes, concombre pour un gin très frais. Trop de tonic noie les arômes, pas assez laisse mordre la quinine. Pour les accords entre arômes floraux et épices, notre guide comment utiliser le gewurztraminer donne des idées côté vin.
Le choix par usage : mixologie maison, dégustation pure, cadeau
Envie de mixer sans prise de tête
Un London dry gin polyvalent couvre le gin tonic, le Martini et le Negroni. C'est la première bouteille à avoir.
Cap sur la dégustation pure
Un genièvre, au goût de céréale, ou un gin contemporain aux plantes originales. Sers-le sur un gros glaçon, en petite quantité.
Un cadeau pour un amateur
Un gin d'une distillerie locale, une édition vieillie en fût de chêne ou un coffret avec une tonic. Lis la catégorie sur l'étiquette pour savoir ce que tu offres.
Bien choisir un gin : la méthode en 6 étapes
- Définis l'usage principal : gin tonic, Martini, Negroni ou service pur.
- Choisis la catégorie : London dry pour la polyvalence, Old Tom pour la rondeur, genièvre pour la céréale, contemporain pour l'originalité.
- Vérifie la mention « distilled gin » ou « London gin » si tu veux éviter les arômes ajoutés.
- Lis les plantes annoncées pour deviner le profil.
- Regarde le degré : entre 40 et 47 % vol. pour un usage courant.
- Goûte-le de deux façons, pur avec un peu d'eau puis en gin tonic, avant d'en racheter.
Une histoire en deux dates
En 1751, le graveur William Hogarth publie Gin Lane et Beer Street, deux estampes qui soutiennent le Gin Act voté la même année pour freiner la consommation de gin à Londres, alors un grave problème de santé publique. Le gin tonic, lui, s'est popularisé avec la quinine de la tonic. Ces deux épisodes rappellent qu'un spiritueux a toujours une histoire sanitaire autant que gustative.
Pour un autre spiritueux à mixer, lis notre guide pour choisir son rhum pour faire un punch. Côté bière, on a aussi une liste de cocktails avec de la bière blonde. Et pour les autres sujets vin et spiritueux, parcours la rubrique Alcool divers.
Ta liste avant de te lancer
Ta liste avant d'acheter un gin
- Le choix par usage : mixologie maison, dégustation pure, cadeau
- Gin, distilled gin, London gin : ce que dit la loi
- Old Tom gin
- Mentions qui comptent
- Navy strength
- Pièges fréquents
- Gin tonic
- Comment lire une étiquette sans se perdre
Et après ? Des cocktails à base de bière blonde
Tes questions, nos réponses
« London dry » veut-il dire que le gin est fabriqué à Londres ?
Non. London gin désigne une méthode définie par le règlement européen 2019/787 : redistillation avec des plantes naturelles, sans colorant, et au plus 0,1 g de sucre ajouté par litre. Il peut être produit n'importe où.
Quel gin choisir pour un gin tonic ?
Un London dry gin, sec et marqué par le genièvre, est le choix le plus simple. Un gin contemporain aux agrumes ou aux fleurs donne un gin tonic plus aromatique, à accompagner d'une tonic discrète.
Quel est le degré minimum d'un gin ?
37,5 % vol. dans l'Union européenne. Les gins dits navy strength titrent autour de 57 % vol., une tradition de la marine britannique et non une catégorie légale.
Le genièvre et le gin, c'est la même chose ?
Le genièvre (genever, jenever) est l'ancêtre du gin, à base de distillat de céréales maltées au goût de pain grillé. C'est une indication géographique protégée pour la Belgique, les Pays-Bas, le Nord, le Pas-de-Calais et certaines régions d'Allemagne.
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